Interpol se saisit des crimes d’écocide

Interpol (Organisation internationale de police criminelle) est une organisation internationale créée le 7 septembre 1923 dans le but de promouvoir la coopération policière internationale. Son siège se trouve à Lyon. En diffusant des notices rouges, documents d’alerte , Interpol traque des criminels recherchés dans le monde entier.

Ils sont sept. Sept fugitifs à avoir vendu illégalement des trophées de chasse, fait commerce d’espèces protégées, détruit illégalement des forêts et participé activement au trafic d’ivoire en Chine, en Grèce, au Kenya ou au Royaume d’Eswatini (ex Swaziland). Ces pays les recherchent activement.

Alors, pour la première fois depuis sa création, Interpol a diffusé un appel à témoins dans 192 pays.« Interpol en appelle à la communauté mondiale : ces individus doivent habiter quelque part, ils doivent voyager, se déplacer, socialiser. Quelqu’un sait où ils se trouvent et nous demandons au public de nous aider à les traduire en justice ». Cette initiative, exceptionnelle, permet aux personnes qui détiennent des informations sur ces individus de les transmettre par mail à Interpol : fugitive@interpol.int.

Ecocide… Un crime encore méconnu

La notion de crimes d’écocide (c’est-à-dire contre l’environnement)s est née après la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, Interpol considère qu’ils ont généré plus de 250 milliards d’euros de bénéfices illégaux par an. Et que bien souvent, la criminalité environnementale est liée au terrorisme. Ainsi, lutter contre les crimes commis contre l’environnement, c’est affaiblir les terroristes.

En 2016, le crime d’écocide a été reconnu par la Cour pénale internationale comme crime contre l’humanité. En France,une proposition de loi portant reconnaissance du crime d’écocide avait été déposée le 19 Mars 2019 par des sénateurs socialistes et républicains. Une proposition (hélas) rejetée le 2 mai tant par la majorité sénatoriale que par le gouvernement. Le Sénat a considéré que le droit français prévoyait suffisamment de délits pénaux environnementaux, tant dans le code de l’environnement que dans le code pénal (atteinte involontaire ayant entraîné la mort, mise en danger de la vie d’autrui).

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C’est assez au Canada ! 🐳🐬

Marineland – Antibes (France)

Depuis hier, 10 Juin 2019, il est officiellement interdit de garder et d’élever un ou plusieurs cétacés en captivité au Canada. La loi prohibe aussi l’importation et l’exportation de mammifères marins, ainsi que leurs embryons et spermatozoïdes.

Toutefois, le texte prévoit plusieurs exceptions, comme la captivité à des fins purement scientifiques ou thérapeutiques s’il s’agit de soigner un animal blessé. Par ailleurs, cette loi ne sera pas rétroactive. Ainsi donc, les cétacés qui vivent actuellement en captivité le resteront .

En France, Ségolène Royal, alors Ministre de l’Environnement avait tenté d’interdire la reproduction des dauphins en captivité.

Mais le Conseil d’Etat -saisi par le Parc Marineland- a considéré que ce texte avait été modifié sans consultation régulière des organismes concernés ; que la procédure de sa publication était donc irrégulière « eu égard à l’importance de la présence de grands dauphins pour la fréquentation des parcs« .

Depuis, le Ministère de l’Ecologie n’a pris aucune autre décision.