[Humeur]Démocratie à quai

Le temps est venu de rassembler le pays ! » a lancé, cette après-midi, Boris Johnson aux députés britanniques , dépités de n’avoir pu voter pour ou contre l’accord sur le Brexit dont se gargarisait, jeudi, le Commissaire Barnier. Le Parlement anglais s’accorde du temps, officiellement pour éviter un no-deal par accident. Officieusement, pour permettre au Premier Ministre de convaincre les récalcitrants. Quant aux électeurs, « bien qu’elle soit le meilleur gouvernement, la démocratie est souvent le plus faible » a écrit Izoard.

Rassembler le pays, voilà qui devient illusoire en France ! Ce 19 Octobre est un black saturday (samedi noir) pour les voyageurs, qu’ils soient français ou étrangers, contraints de se faufiler entre les « GiletsJaunes et les trains à quai. Le gouvernement, démuni, perd son flegme et parle d’un « détournement de la loi ».

Droit de retrait ? Ou grève sauvage ?

Car cette fois-ci , les cheminots tiennent leur revanche. Actionner le droit de retrait pour cesser le travail était judicieux. Nous vous expliquons pourquoi.

En droit du travail, le droit de retrait est le droit pour le salarié de se retirer d’une situation de travail présentant un « danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ». A Rouen il y a quelques jours, les professeurs d’école l’avaient actionné après l’incendie de Lubrizol.

Pour les cheminotsde la SNCF, le droit de retrait présente deux avantages : contrairement au droit de grève, le droit de retrait est un droit individuel qui peut s’exercer collectivement. Mais aussi (et surtout), il ne peut entraîner ni sanction, ni retenue sur salaire.

Nul n’ignore que les trains n’ont plus de contrôleurs, et que ces dix dernières années, le taux de délinquance ferroviaire a flambé. Nous vous en avons parlé sur ce blog. S’il saisit la justice, Guillaume Pepy n’est donc pas certain de l’emporter. Et puis, dans l’immédiat, on fait quoi ? Deux millions de vacanciers patientent. Saisir la justice ne résout pas tout.

Il paraît que gouverner, c’est prévoir. But sometimes, la démocratie reste à quai.

So british !

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To leave or not to leave ? Le Brexit n’en finit pas de déchirer l’Angleterre. Après Thérésa May, qui devrait démissionner le 7 Juin, c’est au tour de Boris Johnson -son successeur ?- de subir les foudres des « against ».

Souvenez-vous…

Pendant la campagne du référendum du Brexit, les pro et les anti Européens ont parcouru la Grande Bretagne à grand renfort de tracts et d’affiches. Ainsi, sur le bus de Boris Johnson, pouvait-on  lire que la contribution hebdomadaire du Royaume-Uni à l’Union Européenne était de 350 millions de livres mais que cette somme eût été bien mieux dépensée à financer le Service de santé du pays.

Deux plaintes déposées…

Tout d’abord, celle de l’autorité des statistiques, la (très sérieuse) agence britannique chargée de collecter et publier les informations statistiques sur l’économie, la population et la société du Royaume-Uni affirme que Boris Johnson a menti aux Britanniques. Car selon elle, la somme ne représente que la contribution britannique brute au budget de l’UE (elle ne tiendrait pas compte des subventions européennes que reçoit le pays).

Plainte également de l’activiste Marcus Ball qui, dans un entretien accordé au Télégraph, accuse le politicien d’avoir menti et donc, trompé le peuple britannique. Marcus Ball a qualifié l’attitude de Boris Johnson durant la campagne du référendum d’à la fois «irresponsable et malhonnête ».

Boris Johnson a-t-il trompé le peuple ?

Tous deux viennent d’obtenir une décision historique d’un Juge de District : Boris Johnson devra comparaître devant le tribunal de Westminster pour «manquement aux exigences d’une charge publique», un délit qui date du… XIIIe siècle. « J’accepte que les fonctions publiques qu’occupe M. Johnson lui concèdent un statut mais celui-ci s’accompagne d’influence et d’autorité . Je suis convaincue qu’il y a suffisamment d’éléments de preuve pour établir à première vue qu’il s’agit d’une question qui doit être tranchée devant le tribunal » a statué la juge Margot Coleman.

Ainsi doncune audience préliminaire aura lieu au tribunal correctionnel de Westminster, puis l’affaire sera renvoyée devant le tribunal de la Couronne pour être jugée.

Imaginez-vous pareille procédure en France ?