N comme haine

L’Alsace, Nemo connaît bien. Westhoffen ? Nous avons dû y passer entre deux TD (travaux dirigés)… Car à l’époque, on savait s’amuser. On ne profanait pas les tombes. Streng verboten.

Jadis, ces gens-là, on les qualifiait de « déséquilibrés ». On les regardait avec de grands yeux en se disant que quelque chose ne tournait pas rond là-haut. Nous étions, tous, consternés.

Dans les petits villages alsaciens, tout se sait. Le samedi, tandis qu’on balaye son bout de trottoir, on commère allègrement. Es redet .. ça jase, en bon français. Alors, on savait très vite qu’il s’agissait des jeunes Machinchose, qui, un soir de beuverie avaient trouvé marrant de taguer des tombes. Si elles étaient juives, c’était encore plus osé. Le qu’en dira-t-on fonctionnerait à plein tube.

Aujourd’hui, rien n’a changé. Sauf que l’acte s’est banalisé. Bien souvent, ce sont des jeunes qui « se marrent ». Mais les bonnes femmes ne font plus des bonds. Plus personne n’a vraiment de repères.

L’Etat annonce la création d’un office national de lutte contre la haine. Il eût été préférable de créer un office contre la connerie. Mais avec tout ce monde à enfermer, c’était peine perdue. Alors la haine, c’est mieux. C’est médiatique et ça fait sérieux. Et surtout, ça donne moins de travail.