Matière noire 📚 I. Zinberg

Nemo souhaite partager son premier coup de ♥ de l’année : « Matière Noire« , aux éditions Cosmopolis.

Un thriller palpitant , aux personnages attachants. L’intrigue vous parlera de St Etienne (et oui !) que l’auteur connaît bien. 😉

L’intrigue :

Bek est policier à St Etienne. Une après-midi d’été, une amie lui demande de l’aider à retrouver sa fille qui a disparu en sortant d’une discothèque.

Jacques est un ancien des RG . A la mort de sa femme, il devient journaliste à Paris. Il écrit pour « Crime Hebdo ». Son patron, Louis, le charge d’un reportage sur l’assassinat d’une joggueuse, Marion Testud près de Chambéry.

Les deux hommes vont se rencontrer. Pourquoi ? Comment ? A vous de le découvrir !

Matière noire – Ivan Zinberg – Editions Cosmopolis

[Livres] Les refuges📚 J. Loubry

Journaliste, Sandrine apprend le décès d’une grand-mère qu’elle n’a jamais connue. A la demande du Notaire, elle se rend sur l’île où vivait la vieille dame . Elle y découvre une poignée d’habitants qui cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…


Nous avions quitté le Treizième Chapitre à regret tant ce roman nous avait émue. Aussi nous attendions Les Refuges, nouvel ouvrage de Jérôme Loubry avec impatience. Mais hélas ! Ce fut une déception. :/

Compliqué mais…

L’histoire est compliquée. Nous n’avons pas réussi à nous projeter dans ce polar alambiqué. Parfois même, nous avons décroché. La fin nous a paru longue, très longue. Et puis, nous l’avions devinée. 😉

Néanmoins, nous avons passé d’agréables moments. Malgré le cerveau bouillonnant de l’auteur, l’écriture reste excellente.

Espérons que le prochain opus nous désarçonnera moins ! Il est probable que nous relirons Les refuges cet été, lorsque la fiction pourra dépasser la réalité. 🙂

[Livres] Le douzième chapitre📚 J. Loubry

Jérome Loubry… nous vous avons déjà parlé de lui mais surtout, de son précédent (et tout premier) roman, « Les Chemins de Détroit », que nous avions beaucoup aimé. Que valait le second, publié il y a tout juste un an ? Une question que nous nous sommes longuement posée. Nous avions hâte d’y répondre. 🙂

Prudente (d’aucuns diront méfiante), nous avons choisi d’emprunter ce livre. « S’il déçoit, nous n’aurons qu’à le rendre » nous sommes-nous dit en le réservant à la médiathèque.

Bien au contraire, le Douzième chapitre accompagna notre été. 😉

En savoir +

Dernier arrêt avant l’automne 📚 R. Frégni

Je viens de passer un formidable moment, charmée par la plume de René Frégni. Un auteur que je n’avais jamais lu mais découvert grâce à mes alertes Fnac. 😉

Aux côtés du narrateur, j’ai respiré notre belle Provence aux parfums de pinède et de lavande. Je me suis abritée de son soleil et du mistral qui font mûrir les olives. J’ai parlé d’amour, d’espoir et de trahison. Je me suis souvenue de mon enfance, caressé mes rêves en songeant à l’avenir. Je me suis endormie sur le ventre d’un petit chat aux yeux ronds.

Et tout cela, en essayant d’élucider un mystérieux crime. 🧐

Les pages se sont tournées, je n’ai vu le temps passer. « Dernier arrêt avant l’automne » est l’un de mes coups de cœur de l’année. ❤️ René Frégni signe là un très beau roman à glisser dans votre valise cet été. 😎

Mai 2019- éditions Gallimard- 165 p.

La fessée

La fessée est l’administration de coups donnés sur les fesses, avec ou sans instruments, en guise de châtiment corporel.  Elle est désormais interdite en France.


La manière dont je vivais à Bossey me convenait si bien, qu’il ne lui a manqué que de durer plus longtemps pour fixer absolument mon caractère. Les sentiments tendres, affectueux, paisibles, en faisaient le fond. Je crois que jamais individu de notre espèce n’eut naturellement moins de vanité que moi. Je m’élevais par élans, à des mouvements sublimes, mais je retombais aussitôt dans ma langueur. Etre aimé de tout ce qui m’approchait était le plus vif de mes désirs. J’étais doux, mon cousin l’était; ceux qui nous gouvernaient l’étaient eux-mêmes. Pendant deux ans entiers je ne fus ni témoin ni victime d’un sentiment violent. Tout nourrissait dans mon coeur les dispositions qu’il reçut de la nature. Je ne connaissais rien d’aussi charmant que de voir tout le monde content de moi et de toute chose. Je me souviendrai toujours qu’au temple, répondant au catéchisme, rien ne me troublait plus, quand il m’arrivait d’hésiter, que de voir sur le visage de Mlle Lambercier des marques d’inquiétude et de peine. Cela seul m’affligeait plus que la honte de manquer en public, qui m’affectait pourtant extrêmement; car, quoique peu sensible aux louanges, je le fus toujours beaucoup à la honte, et je puis dire ici que l’attente des réprimandes de Mlle Lambercier me donnait moins d’alarmes que la crainte de la chagriner.

Cependant elle ne manquait pas au besoin de sévérité non plus que son frère; mais comme cette sévérité, presque toujours juste, n’était jamais emportée, je m’en affligeais, et ne m’en mutinais point. J’étais plus fâché de déplaire que d’être puni, et le signe du mécontentent m’était plus cruel que la peine afflictive. Il est embarrassant de s’expliquer mieux, mais cependant il le faut. Qu’on changerait de méthode avec la jeunesse, si l’on voyait mieux les effets éloignés de celle qu’on emploie toujours indistinctement, et souvent indiscrètement! La grande leçon qu’on peut tirer d’un exemple aussi commun que funeste me fait résoudre à le donner.

Comme Mlle Lambercier avait pour nous l’affection d’une mère, elle en avait aussi l’autorité, et la portait quelquefois jusqu’à nous infliger la punition des enfants, quand nous l’avions méritée. Assez longtemps elle s’en tint à la menace, et cette menace d’un châtiment tout nouveau pour moi me semblait très effrayante; mais après l’exécution, je la trouvai moins terrible à l’épreuve que l’attente ne l’avait été, et ce qu’il y a de plus bizarre est que ce châtiment m’affectionna davantage encore à celle qui me l’avait imposé.

Il fallait même toute la vérité de cette affection et toute ma douceur naturelle pour m’empêcher de chercher le retour du même traitement en le méritant; car j’avais trouvé dans la douleur, dans la honte même, un mélange de sensualité qui m’avait laissé plus de désir que de crainte de l’éprouver derechef par la même main. Il est vrai que, comme il se mêlait sans doute à cela quelque instinct précoce du sexe, le même châtiment reçu de son frère ne m’eût point du tout paru plaisant. Mais, de l’humeur dont il était, cette substitution n’était guère à craindre, et si je m’abstenais de mériter la correction, c’était uniquement de peur de fâcher Mlle Lambercier; car tel est en moi l’empire de la bienveillance, et même de celle que les sens ont fait naître, qu’elle leur donna toujours la loi dans mon coeur.

Cette récidive, que j’éloignais sans la craindre, arriva sans qu’il y eût de ma faute, c’est-à-dire de ma volonté, et j’en profitai, je puis dire, en sûreté de conscience. Mais cette seconde fois fut aussi la dernière, car Mlle Lambercier, s’étant sans doute aperçue à quelque signe que ce châtiment n’allait pas à son but, déclara qu’elle y renonçait et qu’il la fatiguait trop. Nous avions jusque-là couché dans sa chambre, et même en hiver quelquefois dans son lit. Deux jours après on nous fit coucher dans une autre chambre, j’eus désormais l’honneur, dont je me serai bien passé, d’être traité par elle en grand garçon.

Qui croirait que ce châtiment d’enfant, reçu à huit ans par la main d’une fille de trente, a décidé de mes goûts, de mes désirs, de mes passions, de moi pour le reste de ma vie, et cela précisément dans le sens contraire à ce qui devait s’ensuivre naturellement ? En même temps que mes sens furent allumés, mes désirs prirent si bien le change, que, bornés à ce que j’avais éprouvé, ils ne s’avisèrent point de chercher autre chose. Avec un sang brûlant de sensualité presque dès ma naissance, je me conservai pur de toute souillure jusqu’à l’âge où les tempéraments les plus froids et les plus tardifs se développent. Tourmenté longtemps sans savoir de quoi, je dévorais d’un oeil ardent les belles personnes; mon imagination me les rappelait sans cesse, uniquement pour les mettre en oeuvre à ma mode, et en faire autant de demoiselles Lambercier.

Jean-Jacques Rousseau